Hiroshiman: L’homme le plus radioactif au monde est de retour !

Hiroshiman, Rifo. Éd. Rouquemoute

J’aime les intégrales en BD, ils me donnent l’impression d’avoir vécu trop jeune une époque plus cool que celle qu’on vit maintenant mais le pire est que ça marche aussi pour les best of music punk rock, new wave ou heavy metaaal alors pour me rassurer je me dis que… dans les années 90 il n’y avait pas internet ou que l’on ne pouvait pas voyager aussi spontanément que maintenant ou que…bref, vive les intégrales.

Hiroshiman a beau être né dans les années 90, il n’a pas pris une ride.
On pourrait d’ores et déjà lui coller l’étiquette de personnage de BD underground traversant les époques sans se périmer.
S’il était américain, Rifo aurait sûrement eu ses planches publiées dans le Mad Magazines. Cela tient sur le fait que la liberté de ton choisi dans les histoires est utilisée à bon escient. On note bien sûr un language non politiquement-correct, des onomatopées originales, du trash, de l’humour et un sacré paquet de références culturelles axées 7e et 9e art.
« Eine super Suppkulture » comme on dit à Berlin.

L’intégrale Vol.2 met du baume aux yeux, eux qui sont trop souvent habitués aux histoires qui manquent d’excentricité soignée.
Je m’explique: Comment un personnage avec une bouille vraiment adorable et un physique aussi magnifié peut-il chier des monstres fumants sortant des toilettes ou aller aux p**** avec Frankenstein et faire des choses bien pires encore ?!!!

« Évidemment, tout ce brassage de références et d’idées farfelues ne pouvait pas faire bon ménage avec une certaine cohérence scénaristique. Mais qu’importe. La fin justifie les moyens et les méandres de l’inspiration étant impénétrables, l’envie de raconter des bêtises primera toujours sur la logique cartésienne qui pointe le bout de son nez à un moment ou un autre. »
(extrait de l’avant-propos de Rifo, Hiroshiman Vol 2.)

Il a tout dit, il a tout compris et je suis sûre que l’auteur a dû se marrer comme un gosse en dessinant ses planches tout comme vous vous marrerez au fil des aventures que vous découvrirez dans l’album.

Ce livre, dominé par la liberté de création sans limite aux tons brut de décoffrage, est une occasion de voir un personnage cool qui vit malgré lui des moments improbables tout en affrontant des ennemis complètement louf’, en mode aléatoire.
Il m’étonne qu’un projet de jeux vidéo n’est jamais vu le jour car tous les ingrédients sont au rendez-vous: un beau p’tit protagoniste, des ennemis déglingos et un fil d’histoire chaotique qui permettrait de rebondir sur une happy end.
Graphiquement, ça donne ça:

Conseil pour cette lecture:
Installez-vous dans le métro et essayez , le temps d’une histoire, de lire haut et fort les dialogues avec en option, des voix différentes pour les personnages, c’est chic non ?!
Utilisez votre liberté (de péter un câble), enfin !!!