Saint-Rose à la recherche du dessin ultime, de Hugues Micol

Le petit dernier de Hugues Micol s’ajoute à la catégorie aventures avec un grand A.
L’auteur commence par se mettre en scène, frappant à la porte de Santorin Saint-Rose pour que ce dernier l’aide à retrouver son dessin ultime disparu lors d’une soirée en boîte de nuit alors qu’il était invité à peindre… Hugues aurait fait un dessin exceptionnel entouré de fêtards.
En revenant de sa pause, Hugues est stupéfait ! Les invités étaient partis, le dessin était volé et il ne restait plus qu’une plume de cigogne noire teintée de vert.
L’aventurier détective Saint-Rose est sur une piste et c’est avec son équipe redoutable, sans oublier Hugues, qu’ils partent à l’aventure aux allures trépidantes en prenant le bateau vers Macao (une ville chinoise).

Saint-Rose à la recherche du dessin utime.
De Hugues Micol. Éd. Futuropolis

Tout d’abord, on ne peut que saluer la prouesse de l’auteur qui opte pour un style graphique soigné apportant aux personnages et aux décors des traits originaux et peaufinés.

Des éléments ont joué dans le scénario, tirés ou pas de l’imaginaire de l’auteur, comme insérer Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre. L’auteur les aura fait revivre pour une autre vie que celle de philosophe, pas sûr qu’ils en auraient fait autant de leur vivant mais cela permet de mettre du mordant dans le fil de l’action.

Autre élément important, Macao est idéale pour cette aventure. C’est une ville internationale accueillant les casinos (économiquement plus intéressante que Las Vegas), de vieux édifices et il y a le ciel, le soleil et la mer… comme chantait François Deguelt.

Le personnage de Hugues Micol est représenté de manière simple et attachante parfois drôle. Dépeint de manière réaliste, on peut s’identifier facilement à lui. Un artiste, un vrai lorsqu’il affirme : « Je travaille avec un pinceau, pas avec un chéquier, moi ! ». Ça fait la différence.

Bien sûr que ce ne sont pas des points forts de l’histoire en elle-même mais ces éléments ont contribué à l’ambiance de cette bande-dessinée.
On reste un peu sur sa faim mais l’auteur ajoute une part de philosophie sur ce qu’est le dessin ultime dans son discours qui reste à méditer.

Dans un voyage ce n’est pas la destination qui compte mais toujours le chemin parcouru, et les détours surtout. Philippe Pollet-Villard

L’album ne peut être apprécier sans le travail de la coloriste Isabelle Merlet. Le choix des couleurs accrocheuses et saturées donnent beaucoup de caractère à l’album.
À savourer le derrière coincé dans un fauteuil en velours, généreusement moelleux et légèrement incliné en arrière… du bonheur.