Witchazel contre ce dingue de Dongo (T.4), de Darnaudet et Dufau

Un nouveau temple dédié à Dongo est édifié, les fidèles se multiplient et Witchazel (Hamamélis de son vrai nom) pense qu’une supercherie se cache derrière tout cela. Elle part donc à l’aventure accompagnée de ses amis pour découvrir le pot aux roses. Une charmante histoire subtilement racontée.

Witchazel, Darnaudet & Dufau. Éd.Kramiek.

François Darnaudet et Élric Dufau ont travaillé ensemble sur le one shot Harpignies (Éd. Paquet) sortie en 2014.
Après trois tomes de Witchazel, le quatrième de la série sort enfin !
Une aventure adressée à la jeunesse mais comme nous le savons si bien, il n’y a pas de livres pour les enfants si les adultes le sont toujours au fond d’eux-mêmes.

Panique à bord ! Le père Duchêne et sa fille Arnica ont disparus. Witchazel, Pristi et les autres partent au commissariat pour signaler cette curieuse disparition. Pendant ce temps, la pie lélectrique manipule les foules du temple de Dongo. Reste à savoir ce qu’il s’y cache.

Je dirai, tout simplement : plein de choses évidemment !
Car on est fort heureusement loin d’un scénario plat comme les paysages de l’Eure-et-Loir grâce à François Darnaudet.
Witchazel est un sacré personnage, dés le premier tome, l’héroïne se rebelle face à l’injustice qui lui est faite, qui est de ne pas être prise au sérieux car elle est trop jeune et trop jolie. Un sujet comme l’indépendance d’une jeune femme touche l’actualité et forcément les esprits vifs. En changeant son apparence et en adoptant une toute autre attitude, elle se fait enfin respecter, sauf que c’est aussi et surtout parce qu’elle arrive a résoudre les problèmes et gagner la confiance de son entourage.

Pour ce quatrième volume, un fait est mis en évidence et c’est celui de l’engrenage dans lequel les gens peuvent tomber lorsqu’il s’agit de quelconque croyance. On ne sait pas bien ce qu’est Dongo, ni pourquoi il attire autant de fidèles mais tout le monde y croit, c’est bizarre, non ?! Dans la vie, certaines personnes sont aussi comme ça. Et c’est d’ailleurs bien moche.

Évidemment le fil de l’histoire est agrémenté d’éléments qui permettent de souffler deux minutes, ce n’est pas que sérieux.
Ainsi s’ajoute gentiment les jeux de mots et s’invite les Limiñanas, le groupe de rock français aux tonalités underground et hippies, jouant de la musique au dos de la quatrième de couverture ! On ne sait d’ailleurs pas ce qu’ils font là mais comme ils sont exceptionnels, on accepte.

Le style de Dufau a gagné en habilité dans le sens où ses dessins sont plus lissés et plus maîtrisés qu’il y a cinq ou six ans. Ça aide donc forcément à aimer davantage ses petits personnages. Ici, les méchants comme les gentils sont tous aussi intéressants les uns que les autres, ce qui donne presque envie de s’attacher aux mauvais, un peu comme avec les Daltons si on pousse le bouchon un peu trop loin !

Ce livre se lit un soir tranquillement sous la couette, les pieds au chaud, une lumière tamisée…en somme, le petit plaisir coupable des adultes à qui l’enfance manque. C’est un tiroir plein de nostalgie et de clins d’œil de bon goût dans une commode imposante appelée l’aventure.