Intox de ouf: De l’air pour la nouvelle année !

Alors que des millions de personnes attendent de se remettre d’une affreuse céphalée pour prendre une aspirine de bonnes résolutions, même début février, l’année 2019 n’est plus qu’un mauvais souvenir ou disons plutôt que ce n’était pas une année idéalement millésimée.

Cette nouvelle année 2020 sera sûrement l’occasion de prendre un nouveau départ en gare de Nantes, voie 2, mesdames, messieurs le train en direction de Paris est annulé. C’est la grève… Agréablement contrainte de rester dans cette ville pourvue de paix et de pets, l’idée de s’inscrire à des cours de dessins et plus particulièrement des séances de nu m’envahie, me séduit et me satisfait grave, sa mère.

Que c’est beau d’entreprendre de nouveaux projets, surtout quand ils sont tournés vers l’art plastique. D’un côté ça ne fait de mal à personne, et de l’autre on peut améliorer son vilain coup de crayon pour épater la galerie sur ses stories Insta et Fb pour hélas…péter 25 vues dans la soirée. Ce qui serait forcement décevant et placerait alors mon égo sous le niveau de la mer, voire sous le manteau inférieur de la terre. Les voyages forment la jeunesse, comme disait l’autre.

C’est alors que je rêvasse en caméléonant au soleil accoudée à mon bureau en regardant par la fenêtre :
Je me lève de mon tabouret tam-tam avec élan et je m’imagine prendre le vélo pour filer cheveux aux vent vers un atelier d’art. Dario Moreno gazouille dans mes oreilles et le soleil m’empêche de voir les mecs du PMU qui, comme des vieilles vaches face à un train, reluquent les jolies filles. C’est un pure délice.
Enfin arrivé, je me gare au parking à bécane et comme d’hab’ lorsque je me penche pour attacher l’anti-vol au vélo, mes cheveux me gênent. Je n’y vois absolument rien et en plus ça me chatouille le nez, c’est relou wesh… mais alors morte-couille, comment font les guitaristes de Grunge lorsqu’ils jouent tout transpirant pendant les concerts ? Ça fait pareil dans leur slip fumant la teen spirit ? La curiosité n’est pas un vilain défaut et vous le savez bien mais là c’est port’ nawak.
De l’air pour la nouvelle année, pensais-je !

À présent, je viens de prendre place dans un bel atelier plein de nouvelles têtes. Je suis assise et je me tourne sur le côté droit pour me rendre compte que :

Mon cartable a mille odeurs,
Mon cartable sent la pomme,
Le livre, l’encre, la gomme,
Et les crayons de couleur

Mon cartable, de Pierre Gamarra.

Évidemment tout ça est très sympa mais maintenant j’attends de découvrir le modèle qui me permettra de dessiner afin d’améliorer mon style artistique.
Dans une atmosphère feutrée, la lumière tamisée et le silence monopolisent la salle.
Les feuilles sont encore vierges et chacun tient son crayon dans sa main.
Soudain, une porte grinçante laisse entré une jeune femme au visage doux. Elle arbore une longue chevelure ondulée, brune comme la bière et un doux parfum de pivoine effleure subtilement mes narines lorsqu’elle s’installe sur le fauteuil qui fait face aux participants. Toutes les conditions sont réunis pour faire de très beaux dessins.

Je prends une aspiration en me demandant par où commencer à dessiner. La tête, épaule, main ? C’est le moment de s’appliquer comme jamais.
La peau du model est tellement lumineuse qu’on ne remarque pas qu’elle est nu, c’est comme si son épiderme était un vêtement.
Voilà qu’elle commence à passer son bras droit devant sa poitrine en mettant sa main sur la joue gauche et que son bras gauche passe par dessus sa tête, la main entrelace ses cheveux. Elle incline sa tête verre son épaule gauche. Ses jambes sont naturellement croisées. Elle ne bouge plus mais ses traits apparaissent rapidement sur ma feuille. Elle a le graphite raffiné.
Au bout de quelques minutes, je vois qu’elle commence à se sentir gêner. Elle se tortille comme les chiens qui ont le cul qui gratte. Amour, gloire et beauté disparaissent aussi vite que j’éternue. Ça devient intéressant pour dessiner…bravo et merci Madame, je viens de joindre votre pied gauche à votre oreille droite ! Ah quel crayonné, Picasso va me jalouser bien profond dans sa tombe.
En une fraction de seconde, je suis atteinte d’un moment de déni monumental, un peu comme le 7 mai 2017, m’voyez ?! Notre déesse a inopinément lâché une orchestrale pétarade de foufounette… appelé plus communément : Un frout.
C’est grâce à cette performance exceptionnelle que la jeune model esquissa un sourire mettant ainsi en valeur son quart d’heure de gloire… De l’air pour la nouvelle année, pensais-je encore !

Youpi tralala l’ambiance est détendue, encore plus que le slip de Gros Dégueulasse (de Reiser). Tout le monde rentre chez soi après cette aventure de ouf malade.

De retour de cette escapade imaginaire, une première pensée me vint à l’esprit :
Le cours était gratuit mais ils auraient dû laisser un prix libre, libre comme l’air.