Passe misère, de pierre maurel

Tout commence avec Georges, un commercial qui est en déplacement professionnel. Il roule dans sa Mercedes adoré quand soudain la voiture tombe en panne en pleine campagne, Georges comprend vite qu’il est arrivé dans le petit village de Chamounieix. Le seul garagiste du coin le récupère lui et son épave en lui disant qu’il en aura pour 3 jours, le temps des réparations. Pendant ce court séjour, Georges va découvrir l’ambiance morose et terne qu’offre aux premiers abords ce village mais le garagiste et les autres habitants vont lui dévoiler naturellement que parfois leur quotidien peut être bien plus brillant. L’expérience n’en sera pour lui qu’enrichissante sur le plan humain.

Passe misère de Pierre Maurel (Éditions Ouïe/Dire et Les Requins Marteaux, collection Transhumances)

Le passe misère est un beau clin d’œil au film Le Passe-Montagne de Jean-François Stévenin sans en être une fidèle adaptation pour autant.
Certes le garagiste ressemble à Jean-François Stévenin, il dépanne et héberge bien notre cher commercial et finissent par se lier d’amitié mais il n’est pas question de faire décoller un oiseau-nacelle d’une vallée jurassienne.
Quand à Georges le commercial, normalement architecte parisien à l’origine, on reconnaîtra d’emblée notre cher Jacques Villeret et la voiture est bien la même Mercedes bleue que dans le film. Ça reste classe à Dallas ! Et tout cela se passe à Chamounieix, une belle contraction de Coulounieix-Chamiers (c’est près de Périgueux). Rien a voir avec des biscuits à l’orange…

Il s’agit ici d’un homme qui malgré son manque de chance, profite tant bien que mal de ce qui l’entoure : des endroits insolites, des rencontres uniques et une amitié éphémère.
Tous ça en trois jours, soit 48 pages de lectures qui se laissent lire tranquillement. Avouez que c’est pas trop mal !

Pierre Maurel a un trait bien a lui, du style vite fait bien fait, seulement pour cet album on a la couleur, ce qui ajoute plus chaleur au récit ce qui manquait peut-être à la série Michel. Et grâce à couleur, c’est comme si son récit prenait plus de vie. Une bonne décision de l’auteur, qui donne envie d’en découvrir davantage sur son travail, qui réussit aussi à se faire remarquer lors de la 47ème édition du festival d’Angoulême, grâce à la sélection officielle de l’album Michel, fils des âges farouches aux éditions L’employé du Moi.

L’auteur a su créer un livre sans prétentions et montre de belles valeurs comme la fraternité et l’ouverture d’esprit. En ces temps où il est difficile de se faire de nouveaux amis, celui-ci redonne un peu d’espoir à chacun lorsque l’on referme la dernière page.